Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Kamishibaï, livres accordéon et autres théâtres de papier

Kamishibaï

   Le terme "kamishibaï" signifie "théâtre de papier" en japonais. Le kamishibaï se compose d'une part d'un petit castelet de bois, appelé butaï, d'un format traditionnellement très légèrement inférieur à du A3, et d'autre part d'images peintes sur plusieurs feuilles de papier épais, composant une histoire, glissées dans le cadre du butaï, que le conteur donne à voir, image par image, puis retire au fur et à mesure qu'il déroule son récit.

   Héritier d'une longue tradition de contes illustrés au Japon, le kamishibaï a connu sa plus grande popularité entre 1930 et la fin des années 1950. Le conteur, toujours itinérant, installait le butaï sur le cadre de sa bicyclette, et s'installait sur des places de villages. Il vendait des bonbons aux enfants pour gagner sa vie, et racontait des histoires, souvent à épisodes, puis revenait le lendemain ou quelques jours plus tard pour en raconter la suite, vendant au passage de nouveaux bonbons à un auditoire fasciné qui voulait absolument connaître les nouvelles péripéties et le dénouement de l'histoire de la veille ! Dans le Japon pauvre et essentiellement rural de cette époque, cette forme de théâtre d'images était très populaire et attirait un public très varié : les enfants, bien sûr, mais également des adultes de tous âges et de catégories sociales très différentes, qui avaient en commun de ne pas avoir toujours accès au théâtre, cinéma et autres spectacles traditionnels que l'on trouve dans des salles. Le kamishibaï, pour toute cette population, faisait partie du quotidien, dans les bons comme les mauvais moments. Pendant la seconde guerre mondiale, lorsqu'il y avait des bombardements, les "bonshommes kamishibaï" venaient raconter des histoires dans les caves et autres lieux de protection où les gens s'étaient réfugiés !

   Le kamishibaï fut un divertissement extrêmement populaire jusque dans les années 1950, mais l'arrivée de la télévision (appelée denki kamishibaï, ou kamishibaï électrique) le fit peu à peu tomber en désuétude, d'autant plus que le Japon, devenant un pays beaucoup plus riche, associait désormais ce spectacle de rue du pauvre à l'idée de la misère et de la régression. Au bout d'un moment, il ne fut plus utilisé que dans un contexte purement éducatif ( de nos jours, au Japon, , les planches de kamishibaïs qui y sont publiées sont vendues presque exclusivement aux écoles et aux bibliothèques). Mais peu à peu, on redécouvre le kamishibaï et on envisage de le considérer à nouveau comme une expression artistique de qualité, tout en demeurant facile d'accès à tous, tant au Japon que dans les pays occidentaux où on a commencé à le découvrir et à l'utiliser à partir de 1970.

Pour plus d'informations sur le kamishibaï, vous pouvez consulter le lien suivant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kamishibai

​​​​​​Livres : Le Bonhomme kamishibaï de Allen Say, L'Ecole des Loisirs, collection "Lutin Poche", 2006 (édition anglaise 2005) ; Manga Kamishibaï : du théâtre de papier à la BD japonaise de Eric P. Nash, Editions de la Martinière

Livres accordéon

   Le principe du livre accordéon que j'utilise dans mes spectacles est librement inspiré de l'estampe japonaise, ou ukiyo-e. L'ukiyo-e est un terme signifiant "image du monde flottant", et correspond à un mouvement artistique de l'époque d'Edo (1603-1868) comprenant non seulement une peinture populaire et narrative originale, mais aussi les estampes japonaises, gravées sur bois, qui donnait à voir des scènes du quotidien. Certaines de ces estampes étaient représentées sous forme de diptyques ou triptyques, qui se donnaient à voir en les dépliant telles un accordéon. Par la suite, un certain nombre d'entre elles ont été publiées sur papier, et on peut trouver de véritables livres se dépliant pour former une longue fresque de plusieurs images une fois qu'elle est entièrement déployée.

   Une autre tradition, d'origine italienne, celle-ci, évoque le livre accordéon, sous le nom de leporello, livre qui se déplie grâce à une technique de pliage et de collage des pages. Le nom fait référence à Leporello, valet de Don Juan qui présente à Donna Elvira la longue liste des conquêtes de son maître, pliée en accordéon, dans le premier acte de Don Giovanni de Mozart.

   Le livre accordéon est plus adapté que le kamishibaï à l'adaptation de certains albums, pour certains composés d'une seule image s'étalant sur deux pages, voire plus. Elle permet également une très grande liberté de création, tant en matière de formats que de techniques utilisées pour le fabriquer.

Pour en savoir plus sur l'ukiyo-e et le leporello, vous trouverez ci-dessous quelques liens : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ukiyo-e  

https://fr.wikipedia.org/wiki/Formats_de_l%27ukiyo-e 

https://petitsobjetsdecompagnie1.wordpress.com/2017/01/27/leporello-le-livre-frise-objet-dart-mais-pas-que/

Partager cette page

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :